Les opportunités dans l’agriculture biologique ont été présentés aux opérateurs économiques. C’était le 19 août 2025 à Yaoundé au cours de l’atelier organisé par le Centre Polyvalent de Formation (CPF) de Mbouo.
Dans le cadre du projet Pôle de Connaissances de l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique Centrale (PCAC), producteurs biologiques, chercheurs, chefs d’entreprises, agro-industriels, opérateurs économiques se sont donnés rendez-vous le 19 août 2025 à la Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Élevage et des Forêts (CAPEF). L’atelier organisé pour la circonstance par le CPF visait à susciter l’implication des opérateurs économiques camerounais dans le développement des activités de l’agriculture biologique et l’agroécologie. Il était question de montrer les avancés de l’agriculture biologique et présenter les opportunités d’affaires en lien avec le bio, de faire connaitre à ces opérateurs économiques, les niches d’opportunités d’affaires qui existent dans la chaine de valeur biologique, notamment pour ce qui est des intrants de production. Aussi d’éveiller leur conscience sur les enjeux de l’agriculture biologique au Cameroun et faciliter la collaboration entre les opérateurs économiques et les acteurs institutionnels pour ce qui est de la saisine de ces opportunités d’affaires. Il a été également question de susciter la mise en place d’un cadre dynamique de dialogue et de suivi entre les opérateurs et les acteurs institutionnels.
L’agriculture biologique et l’agroécologie jouent un rôle clé dans le développement durable, la sécurité alimentaire et environnementale, la réduction de la pauvreté, l’adaptation au changement climatique, la santé humaine, la préservation des savoirs autochtones, des variétés végétales et des races animales ainsi que le développement socio-culturel. Malgré ces avantages, l’agriculture biologique et l’agroécologie demeurent peu développées dans le pays.
Opportunité d’investir
Plusieurs raisons expliquent le manque de développement dans le secteur agricole. Notamment l’accès limité aux informations de qualité sur l’agriculture biologique et aux moyens de productions tels que les engrais organiques et pesticides naturels, le manque d’interconnexion entre les différents acteurs nationaux et régionaux, le manque d’appui-conseil de qualité en agriculture biologique, et l’accès limité aux marchés bio.
Selon Raphael Meigno Bokagne de Inades-Formation, les statistiques 2025 de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (IFOAM) révèlent qu’entre 2022 et 2023, les superficies de terres consacrées à l’agriculture biologique ont augmenté de 2,6% et se situent actuellement à 2,5 millions d’ha. « Le Cameroun dispose d’environ 7,2 millions d’hectares de terres arabe et 2 millions de d’hectares de pâturages, soit environ 20% du territoire. Les forêts quant à elles couvrent une superficie d’environ 22 millions d’ha, dont 46% du territoire, et le pays regorge d’une biodiversité riche et abondante, qui le classe sur ce plan, au deuxième rang au sein du Bassin du Congo », a-t-il poursuivi. Ces chiffres sont la preuve que le Cameroun a encore du potentiel à exploiter pour l’agriculture et l’agroécologie.
Raïssa Fotio
« Faire de l’agriculture biologique un modèle économique »
Diane Pountcheu, Directrice du CPF de Mbouoa
Au CPF de Mbouo, nous croyons fermement que l’agriculture peut être à la fois productive, saine et respectueuse de la nature. C’est cette fonction qui nous a poussés ces dernières années à former plus d’un millier de producteurs et productrices aux techniques de production biologique et agroécologique. Nous avons compris que former les producteurs ne suffit pas, si derrière les intrants biologiques ne suivent pas. Il s’agit de faire de l’agriculture biologique et de l’agroécologie, non pas seulement une pratique vertueuse, mais un modèle économique porteur, une réponse locale à des défis globaux.
« On peut produire de façon bio à un coût compétitif »
Zacharie Ngoumbe, opérateur économique
L’agriculture biologique nous invite à un retour à l’origine de la nature qui est pure. Il s’agit de transformer les mentalités pour que les gens
consomment ce qui est pur et naturel, et pour que les opérateurs économiques comprennent qu’ils peuvent gagner de l’argent en travaillant dans l’agriculture biologique, en ne détruisant pas nécessairement l’environnement. Mais qu’en respectant les canons de cette agriculture, ils peuvent se faire des richesses. Cet atelier vise à partager les techniques qui montrent qu’on peut produire de façon bio à un coût compétitif.
Propos recueillis par
Raïssa Fotio