Lors d’une conférence de presse tenue le 18 novembre 2025 à Yaoundé, le Pôle de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique Centrale (PCAC) a exposé sa position stratégique sur l’avenir de l’AB et de l’AE au Cameroun.
Par une heureuse coïncidence, la conférence organisée par le Cercle International pour la Promotion de la Création (CIPCRE), est intervenue au lendemain de l’adoption par l’Assemblée nationale du projet de loi sur l’agriculture biologique (AB), en étude depuis plus de deux décennies. Une avancée que le PCAC salue vivement, tout en appelant à la promulgation urgente du texte d’application.
Devant une quarantaine de participants, dont une vingtaine de responsables des médias publics et privés, des représentants des ministères en charge de l’agriculture, de l’élevage, de l’environnement et de la recherche scientifique, ainsi que des partenaires techniques et financiers tels que la FAO et la GIZ, ainsi que les organisations membres du PCAC, le Rev. Dr Jean-Blaise Kenmogne, Coordonnateur Général du PCAC et Directeur Général du CIPCRE, a livré une déclaration marquante dans un contexte qui se veut favorable à l’expansion du bio.
Une loi attendue depuis 20 ans
Rev. Dr Kenmogne a rappelé le rôle déterminant joué par plusieurs partenaires et organisations de la Société civile, aux côtés des ministères
sectoriels pour la maturation de ce texte fondateur sur la réglementation du secteur du bio. Il a de ce fait appelé à sa mise en application au plus tôt, dans l’intérêt des producteurs et des consommateurs camerounais.
Aussi a-t-il affirmé avec force: « Pour le projet de loi sur l’AB qui vient fraichement d’être adoptée par l’Assemblée Nationale, le PCAC plaide pour que son application soit plus incitative et moins répressive. Pour l’instant, le secteur du bio a besoin d’une loi orientée vers la promotion de l’agriculture biologique et de l’agroécologie (AE) avec de diverses mesures qui intègrent entre autres la recherche, la vulgarisation, la promotion, les développements des marchés et la fortification des structure et services pour la chaine de valeur dans le secteur.».
Les limites du modèle agricole conventionnel
Le CIPCRE a dressé un diagnostic préoccupant du modèle agricole conventionnel encore dominant au Cameroun et dans la sous-région Afrique Centrale, dont les conséquences sont la dégradation des sols, la pollution des eaux, l’érosion de la biodiversité, la dépendance croissante aux intrants importés, la vulnérabilité accrue face au changement climatique.
Ces défis, selon le Coordonnateur Général du PCAC, appellent une réponse urgente et structurée. En effet, pour le PCAC, l’agriculture biologique et l’agroécologie constituent des alternatives crédibles, ancrées dans les réalités locales et promotrices d’innovations durables.
Malgré ces atouts, plusieurs contraintes limitent encore l’essor du bio. Le CIPCRE a relevé: l’accès insuffisant aux intrants biologiques, le manque de semences locales améliorées, les faibles infrastructures de transformation, les coûts élevés de certification, les circuits de commercialisation peu organisés, le manque de sensibilisation des consommateurs et le cadre légal encore pas encore opérationnel.
Marie Pauline Voufo
Pour promouvoir l’agriculture bio
Le PCAC propose :
– Le financement de la recherche et de la vulgarisation
– Le soutien à la certification
– Les investissements dans les exploitations biologiques
– La création de programmes de formation professionnelle et universitaire
– Les paiements pour la conversion et le maintien des zones agroécologiques
– Les allégements fiscaux sur toute la chaîne de valeur
– Les subventions pour les pratiques agro-environnementales
– L’appui à la transformation, la commercialisation et à la diversification agricole
– Le développement des chaînes d’approvisionnement et des intrants biologiques.
Pour stimuler la demande en produits bio
Le PCAC recommande :
– La mise en place d’un label national commun
– L’intégration du jardinage biologique dans les écoles
– Les campagnes de sensibilisation
– Le soutien au commerce et aux exportations
– Le développement des systèmes participatifs de garantie (SPG)
– La publication régulière de données nationales fiables.