Pôle de Connaissances pour l'Agriculture Biologique et Agroécologie en Afrique Centrale

Cameroun : Réflexion sur le lancement d’une plateforme nationale pour promouvoir les Systèmes Participatifs de Garantie (SPG)

Des acteurs clés de l’agriculture biologique au Cameroun participent depuis ce matin 21 janvier 2025 à un atelier à la Conférence Épiscopale Nationale pour élaborer le cadre d’implémentation d’un SPG national .

Organisé dans le cadre du projet « Centre de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’agroécologie en Afrique Centrale » (PCAC), l’objectif de l’atelier est de jeter les bases d’une plateforme nationale dédiée aux SPG. La plateforme permettra de sensibiliser un large public sur l’importance des SPG et de définir une stratégie commune pour le développement et la reconnaissance des SPG.

Les Systèmes Participatifs de Garantie représentent une alternative crédible et inclusive aux systèmes de certification traditionnels. Ils permettent aux petits producteurs de bénéficier d’une reconnaissance pour leurs pratiques agricoles durables. En impliquant directement les producteurs, les consommateurs et d’autres acteurs locaux, les SPG favorisent le développement de filières plus justes et plus transparentes.

Un besoin urgent de coordination

Si les initiatives SPG se multiplient au Cameroun, ils restent encore fragmentées. La mise en place d’une plateforme nationale permettra de coordonner ces efforts, de partager les bonnes pratiques et de plaider pour une reconnaissance institutionnelle des SPG, aboutissant ainsi à la mise en place d’un SPG national. « L’intérêt d’avoir un SPG national est à plusieurs titres. Avec un label national vous pouvez interagir avec des labels de même niveau dans d’autres pays. En plus, un label national qui est reconnu par les différents acteurs a plus de force que les labels locaux qui sont circonscrits uniquement dans certaines zones et qui n’ont aucune force en matière de garantie offerte aux consommateurs. En outre, avoir un SPG national permettra d’influencer les politiques gouvernementales en matière de soutien aux pratiques agroécologiques et biologiques en termes de sollicitation des appuis et d’accompagnement des producteurs et même d’accompagnement des négociations d’équivalence des SPG d’autres États » confie le Dr. Mathieu Foka, Directeur national du Cipcre.

Des défis à relever

Si les perspectives sont prometteuses, la mise en place de cette plateforme soulève des défis. Selon Patrick Kengne, expert technique en charge des SPG au Groupement d’Appui pour le Développement Durable (GADD) les principaux défis sont  » l’harmonisation des pratiques d’agriculture biologique au niveau national, l’insuffisance des données en ce qui concerne la production bio nationale d’une part et la coordination des acteurs pour impliquer tous les acteurs concernés (producteurs, transformateurs, distributeurs, autorités publiques.) dans une dynamique collaborative d’autre part ».

Ce processus marque une étape importante pour l’agriculture biologique au Cameroun. En offrant un cadre de coordination et de collaboration, il vient renforcer la position des petits producteurs et promouvoir une agriculture plus respectueuse de l’environnement et des hommes.

Jean Kana