Faciliter la mise en œuvre des petits projets en agroécologie appelés micro-interventions au sein du Pôle de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique Centrale (PCAC), tel est l’objet de la mission effectuée au Cameroun du 21 au 26 octobre 2024 par Jouhaina Riahi de Tunisie.
La visite de travail de l’experte des micro-interventions du Pôle de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique du Nord (PCAN) était l’occasion de travailler avec les organisations membres de l’Extrant B qui font la diffusion des connaissances au PCAC pour le compte du projet Centre de Connaissances pour l’Agriculture Biologique et l’Agroécologie en Afrique (CCAB) que promeut la Coopération Allemande (GIZ).
Les deux parties ont échangé sur la stratégie de mise en œuvre de micro-interventions en vue de mieux vulgariser les connaissances en agriculture biologique et en agroécologie au Cameroun, en s’inspirant de l’exemple de l’Afrique du Nord qui a réussi à mettre en œuvre dans le cadre du CCAB près de 75 micro-interventions.
Ont pris part aux échanges, Jouhaina Riahi, consultante du PCAN et les représentants de chacune des trois organisations de l’Extrant B du PCAC, à savoir, le Service d’Appui aux Initiatives Locales de Développement (SAILD), le Centre Polyvalent de Formation de Mbouo (CPF), l’Institut Africain pour le Développement Economique et Social (INADES-FORMATION Cameroun).
La mission de la consultante qui entre dans le cadre du partage d’expériences entre les Pôles de connaissances du projet CCAB, s’est articulée en deux temps. D’abord un atelier d’échanges et de renforcement des capacités du PCAC sur la compréhension et la mise en œuvre des micro-interventions. Ensuite, une visite de terrain pour des échanges avec des multiplicateurs de connaissances bio et agroécologiques accompagnés par le SAILD et INADES FORMATION dans la région du Centre.
Au cours de l’atelier, le concept de ‘’micro-intervention’’ a été passé en revue, avec des exemples tirés de l’expérience tunisienne et des success stories des multiplicateurs de l’Afrique du Nord. Selon Jouhaina Riahi : « Les micro-interventions visent à diffuser des connaissances et à répliquer auprès des communautés le savoir-faire local et les expériences réussies sur l’agriculture biologique et l’agroécologie.»
Les descentes chez Nathalie Ladem, productrice et transformatrice bio à Nyom et à la Ferme agro-piscicole d’Esse (FAPE) ont permis à la consultante, d’apprécier l’investissement des acteurs locaux dans le développement d’une agriculture saine.
Primer l’excellence dans l’agroécologie
Les organisations du PCAC ont convenu d’une méthodologie d’appui des micro-interventions. Elle passera par un appel à candidatures auprès des organisations de producteurs bio et agroécologiques accompagnées par le PCAC. Ces multiplicateurs qui sont au nombre de 400 personnes devront répondre à l’appel à candidatures en présentant l’avancée de leurs micro-interventions et sa réplicabilité dans leur milieu. 66 micro-interventions seront retenues et appuyées dans ce cadre.
Chaque micro-projet retenu recevra un appui financier de 300.000 FCFA (trois cent mille francs) et un soutien de 100.000 FCFA (cent mille francs) pour l’organisation d’une journée portes ouvertes pour la diffusion de l’expérience.
Le projet GIZ-CCAB entend encourager l’excellence chez les multiplicateurs de connaissances. Les micro-interventions sont un moyen pour primer cette excellence. «Nous voulons que la diffusion des connaissances prenne de l’ampleur pour que l’agriculture biologique et l’agroécologie gagnent du terrain au Cameroun», a déclaré Marie Pauline Voufo, Point focal du projet CCAB-PCAC au SAILD.
Au terme de sa mission au Cameroun, Jouhaina Riahi a salué l’engagement des organisations membres du PCAC dans la promotion du bio et de l’agroécologie dans le pays malgré le vide juridique encore observé sur ce secteur.
Sharon Maché